Publié par : PBY-Catalina | 24/06/2009

Les neuf vies du Catalina – the cat’s nine lives (1)

Chasseur de sous-marins, bombardier d’eau, avion de reconnaissance, de transport public, d’exploration… le Cat à connu toutes les missions pour lesquelles ce modèle a été construit.

Mais commençons par le commencement. Toute cette histoire commence lorsque l’US Navy émet un appel d’offres pour un hydravion doté d’une grande autonomie. Au cours des années 1930, les états-unis voient leur présence dans le Pacifique menacée par le Japon. L’US Navy, à l’issue de son appel d’offres, retient les projets de deux avionneurs : Douglas et Consolidated. Les deux constructeurs aéronautiques sont chargés, en octobre 1933, de construire chacun un prototype de ce qui deviendra le futur hydravion patrouilleur de la marine militaire américaine.

L’US Navy n’en est pas à son premier hydravion patrouilleur : en 1931, elle s’est respectivement dotée du Consolidated P2Y et du Martin P3M, mais leur sous-motorisation, leur autonomie et leur charge utile réduites en font des appareils assez mal adaptés aux missions qui leur sont confiées. Les deux appareils sont fortement haubannés, le Consolidated P2Y présente quant à lui une voilure de type sesquiplane, soit un dessin que l’on peut de déjà ancien pour l’époque.

La voilure du Catalina est caissonnée, rendant de ce fait inutile les haubans.

La voilure du Catalina est caissonnée, rendant de ce fait inutile les haubans.

Aussi, Consolidated et Douglas livrèrent chacun un appareil tout droit sorti de leurs bureaux d’études. Consolidated livra le XP3Y-1 et Douglas le XP3D-1. Consolidated créa son appareil en se basant à la fois sur une évolution du XPY-1, autrement dit l’appareil qui avait vainement tenté de concurrencer le Martin P3M deux ans plus tôt, ainsi que sur le XP2Y, un appareil dont Consolidated avait reçu l’autorisation d’une production en série limitée. Si l’appareil de Douglas était très compétitif en termes de performances et de rayon d’action, ce fut néanmoins celui de Consolidated qui remporta le marché en raison de coûts de production annoncés, à hauteur de 90 000 Dollars par appareil.

Une aérodynamique favorisée pour l'époque, ou la fin des haubans.

Une aérodynamique favorisée pour l’époque, ou la fin des haubans.

Si le prototype de Douglas était compétitif, celui de Consolidated était d’un intérêt technologique tout particulier. D’abord en termes de conception générale : la voilure est renforcée de telle manière que l’ajoût de nombreux haubans comme cela avait été le cas sur les appareils précédents est rendu inutile. Seules restent deux jambes de force carénées de part et d’autre du fuselage. Les flotteurs rétractables se transforment en saumons d’aile et participent d’autant à la réduction de la traînée induite de l’appareil -là encore les haubans sont supprimés-. Si la coque est similaire à celle du P2Y, l’empennage est quant à lui devenu cruciforme, nettement plus aérodynamique que celui de ses prédécesseurs, lequel était bidérive . D’une manière générale, l’aérodynamique a été nettement améliorée sur le prototype de Consolidated.

La motorisation originale est confiée à une paire de Pratt & Whitney R-1830-54 Twin Wasp de 825 chevaux, dont l’architecture est en double étoile de 7 cylindres chacune (soit 14 cylindres au total), la cylindrée quant à elle est de 30 litres (29,988 litres exactement), moteur dont nous aurons l’occasion de vous reparler !

1936 - XPBY-1 Prototype - US Navy

Le XPBY-1 en vol au dessus de la cote de San Diego, Californie.

L’armement est confié à quatre mitrailleuses Browning de calibre .30 (soit 7,62 mm) et l’appareil peut emporter jusqu’à 900 kg de bombes. Le 28 mars 1935, le XP3-Y1 (X pour expérimental, Y signifiant un appareil de pré-série) effectue son premier vol, après quoi il est transféré à l’US Navy pour les essais habituels. D’emblée l’appareil se révèle supérieur en tous points à ses prédécesseurs, la marine militaire américaine souhaite quelques modifications afin de faire de l’hydravion bimoteur un bombardier patrouilleur. De ce fait, l’appareil est renvoyé chez Consolidated en octobre 1935. La principale modification réside dans le montage de moteurs plus puissants (des R-1830-64 d’une puissance de 900 chevaux) accompagnée d’un nouveau dessin de dérive. Ainsi retouché, l’hydravion se voit rebaptisé XPBY-1. Il effectue son baptême de l’air le 19 mai 1936 et abat au passage un record de distance de vol en parcourant 5 541 km sans escale…

Antony Angrand.

XPBY-1 (06)

Hydroplanage du XPBY-1 en vue d’un décollage


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