Publié par : PBY-Catalina | 29/06/2009

Aux commandes du Cat – Flying the Cat (1)

Comment ça vole un Cat’ ? La réponse est « plutôt bien » ! Ce n’est pas un pur-sang loin de là, mais ses avantages se situent ailleurs : c’est un peu comme sur un DC-3/C-47, lorsque l’on est bercé par la musique des moteurs, on vole en vitesse de croisière en prenant le temps de savourer le temps qui s’écoule, un privilège rare de nos jours. En fait, le Cat’ est le digne descendant des fabuleux Boeing 314 « Clipper » de la Pan-Am, tenue d’une main de fer par Juan Trippe, qui sillonnaient l’océan pacifique, avec tout le confort nécessaire à bord. Toute une époque !

Sur le Cat’ c’est un peu la même chose. L’aménagement US Navy comporte non seulement une cuisine, mais également des couchettes pour pouvoir se reposer au cours des très longues patrouilles au dessus de l’océan, quel qu’il soit. Et d’ailleurs, Quantas, la BOAC pour ne citer qu’elles exploitèrent l’appareil pour du transport aérien, qu’il s’agisse de fret ou de passagers. Commençons tout d’abord par le tour du propriétaire… Suivez le guide !

Commençons de gauche pour aller vers la droite.

Un Catalina vue en coupe au sens réel du terme. Celui-ci est exposé au Naval Aviation Museum de Pensacola, creuset de l'aéronavale militaire américaine.

Un Catalina vu en coupe au sens réel du terme. Celui-ci est exposé au Naval Aviation Museum de Pensacola, creuset de l’aéronavale militaire américaine.

En (1), le poste du mitrailleur de nez, dont la tourelle est armée de d’une Browning .30 (7,62 mm) comme c’est le cas ici, puis de deux mitrailleuses de calibre .30 . La tourelle n’est certes pas très aérodynamique, mais son dessin est étudié pour ne pas gêner la vue des pilotes vers l’avant. Il y a eu deux types de tourelles, celle-ci et l’ « eye ball », aux formes un peu plus arrondies.

Montage d'une mitrailleuse de .30 (7,62 mm) dans la tourelle de nez.

Montage d’une mitrailleuse de .30 (7,62 mm) dans la tourelle de nez.

En dessous de la tourelle, on aperçoit un petit vitrage, qui n’est en fait autre que celui du bombardier, rôle joué par le mitrailleur de nez comme sur d’autres appareils -B-17 et B-24 pour ne citer que ces derniers-.

Le poste de bombardier, on aperçoit une partie des vitrages de la tourelle de nez en haut de la photo.

Le poste de bombardier, on aperçoit une partie des vitrages de la tourelle de nez en haut de la photo.

Sur certains modèles, un radôme abritant un radar fut installé entre le mât principal de voilure  et le cockpit.

Le poste de mitrailleur avant disposait de suffisamment de place, à condition de ne pas être trop grand...

Le poste de mitrailleur avant disposait de suffisamment de place. Le petit mât juste à droite permet d’amarrer l’appareil à une bouée flottante, via un autre point d’amarrage, invisible ici, situé sous la coque. Le Cat’ dispose également de sa propre ancre, repliable et logée dans le compartiment dont on aperçoit la trappe ouverte juste derrière le petit mât.

En (2), le commandant de bord et son copilote, dans un cockpit suffisamment vitré et dont les dimensions permettent de s’y mouvoir sans trop de problèmes. L’accès aux commandes est aisé… Mais nous en reparlerons !

Le poste de pilotage du Cat', à gauche la place de commandant de bord.

Le poste de pilotage du Cat’, à gauche la place de commandant de bord.

Derrière leurs sièges se trouve une cloison, qui les sépare du navigateur (4) et de l’un des marins qui sert l’une des mitrailleuses de gondole (7). Le navigateur cache la place du radio (3),…

La place de l'opérateur radio, avec ses émetteurs et récepteurs.

La place de l’opérateur radio, avec ses émetteurs et récepteurs.

…qui lui est exactement opposée. Les postes étaient alors encombrants et lourds à l’époque, nécessitant sur les multimoteurs un opérateur pour s’en occuper, car les pilotes avaient déjà fort à faire avec le pilotage de l’hydravion.

Le navigateur au premier plan, juste derrière lui, l'opérateur radio.

Le navigateur au premier plan, juste derrière lui, l’opérateur radio.

La table du navigateur, et tout au fond la porte d'accès vers les couchettes.

La table du navigateur, et tout au fond la porte d’accès vers la section cuisine-mécanicien de bord.

La place la plus bizarrement située sur le Cat’ est celle du mécanicien de bord, en (5). Il est logé dans le mat de voilure, dispose en face de lui d’un tableau de bord ou cadrans, indicateurs et autres jauges  l’informent sur le fonctionnement des moteurs.

Le siège du mécanicien volant est en haut à gauche. Au premier plan, la micro cuisine de bord.

Le siège du mécanicien volant est en haut à gauche. Au premier plan, la micro cuisine de bord.

C’est sans doute le seul à ne pas bénéficier d’une bonne vue : il n’a que deux hublots rectangulaires de petites dimensions qui lui permettent de voir dehors à droite et à gauche de sa tête, car devant lui se situe un tableau de bord ou tous les paramètres moteurs sont indiqués sur jauges et cadrans. Son rôle est aussi essentiel au pilotage de l’appareil que celui des pilotes, car durant la mise en marche des deux Pratt & Whitney R-1830, c’est lui qui détermine lorsque le lubrifiant moteur est à la température suffisante (40° C) pour pouvoir taxier l’hydravion jusqu’à la piste de décollage, entre-autres.

Le mécanicien de bord est perché dans le mât de voilure. Il ne dispose que de deux hublots rectangulaires, on peut voir l'un deux au second plan.

Le mécanicien de bord est perché dans le mât de voilure. Il ne dispose que de deux hublots rectangulaires, on peut voir l’un deux au second plan.

En (6) sont disposées les couchettes de l’équipage, appréciées lors des longues patrouilles menées au dessus des océans. Cet aménagement permettra également de faire du Cat’ un appareil très apprécié de sauvetage en mer, activité spécifique dont nous aurons l’occasion de reparler, qu’il s’agisse de sauvetage militaire aussi bien que civil.

Les couchettes à bord du Catalina, permettant à l'équipage de se reposer lors des longues patrouilles.

Les couchettes à bord du Catalina, permettant à l’équipage de se reposer lors des longues patrouilles.

Autre vue du compartiment couchettes, en direction de l'empennage de l'appareil.

Autre vue du compartiment couchettes, en direction de l’empennage de l’appareil.

Juste derrière l’espace dédié au repos, se trouvent les gondoles des mitrailleurs. Elles permettent non seulement de défendre l’appareil contre toute attaque de chasseur, mais également d’offrir une vue étendue de l’océan : c’est l’énorme avantage du Cat’ -encore aujourd’hui !- notamment lorsqu’il patrouillait pour faire de la reconnaissance ou encore lorsqu’il avait pour mission de sauver des naufragés ou des aviateurs dont l’issue du combat aérien n’avait pas été en leur faveur. Il n’était pas rare qu’à cette époque que les observateurs et même les pilotes embarquent des jumelles lors de leurs patrouilles, de manière à pouvoir voir suffisamment loin. Rarement l’équipage volait sans lunettes de soleil et casquettes, surtout sur le théâtre d’opérations du pacifique : le soleil était, d’une certaine manière, une gène constante pour l’observation de l’océan.

La gondole babord, avec ses grandes surfaces vitrées, propres à l'observation.

La gondole bâbord, avec ses grandes surfaces vitrées, propres à l’observation.

Les gondoles s’articulent sur ce modèle, de manière à ce que les mitrailleuses et mitrailleurs ne soient pas perpétuellement exposées aux quatre vents et diminuer ne serait-ce que de quelque peu la traînée induite de l’appareil. Elles sont aussi toutes désignées pour transborder les aviateurs et rescapés tombés en mer, naufragés. Leur ouverture suffisamment large permet de faire passer un blessé couché sur un brancard, sans trop de peine pour l’équipage, ni de mal pour la victime. Lorsque certains Cat’ furent reconvertis en bombardier d’eau, les gondoles furent alors déposées et le vide laissé obstrué par des tôles.

Les mitrailleurs bénéficiaient d'une protection sommaire, sous la forme d'un tablier blindé monté sur l'affût de mitrailleuse.

Les mitrailleurs bénéficiaient d’une protection sommaire, sous la forme d’un tablier blindé monté sur l’affût de mitrailleuse.

Entre les deux gondoles de tir, en direction de l'empennage. On aperçoit les toilettes de bord, à la verticale de la gondole droite, ainsi que le mécanisme d'ouverture des gondoles.

Entre les deux gondoles de tir, en direction de l’empennage. On aperçoit les toilettes de bord, à la verticale de la gondole droite, ainsi que le mécanisme d’ouverture des gondoles.

Franchissons la cloison que nous voyons dans la photo ci-dessus et nous nous retrouvons au dessus et en arrière du redan, qui donne accès au poste de mitrailleur de queue -bien que la position et la location exacte de la mitrailleuse n’ai rien de commun avec celle d’un B-25 pour ne citer que cet exemple-. C’est également dans cette section de l’appareil que sont disposées les équipements de largage de bouées et fumigènes (8).

Yves Cartilier.

Le compartiment de largage des bouées et autres fumigènes.

Le compartiment de largage des bouées et autres fumigènes.


Responses

  1. Merci pour cette visite, je me suis toujours demandé quelle vie avait l’equipage de ces appareils lors de leurs longues missions.


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